Une ferme biologique bien pensée donne l’exemple

septembre 19, 2005 | Written BY : admin_test

Rebecca Kimitch
Tico Times

(Reproduit avec autorisation)

Pacayas de Alvarado, Cartago — Comparée aux rangées de fermes avoisinantes soigneusement entretenues, la propriété d’un hectare de Ricardo Montero ressemble, de loin certes, à une espèce de chaos incontrôlé.

Cependant, si on la regarde de plus près, on verra qu’elle est une des fermes les mieux pensées du pays, ce qui la distingue aussi singulièrement de celles qui l’entourent.

Au cours des quatre dernières années, Montero a travaillé avec acharnement pour transformer son hectare en une ferme biologique fort productive qui a plus de 100 différentes plantes ainsi que des cochons, des vaches, des poulets et des chèvres.

Le fermier produit du fromage biologique de spécialité, des espèces rares de haricots biologiques, des désinfectants biologiques ainsi que des plantes médicinales pour soigner ses animaux s’ils tombent malades.

« Nous avons toutes ces plantes en même temps, mais aucune ne nuit à une autre. Certaines plantes poussent d’ailleurs mieux ensemble » dit Montero tout en montrant sa propriété remplie d’avocatiers et de plants de tomates et d’amor en bolsita ou cerises de terre.

« Les gens à côté ne cultivent que des pommes de terre et s’il leur arrive d’avoir des insectes, ils perdent leur récolte » dit Montero « et quand ils perdent, ils perdent alors tout. »

L’artiste graphiste costaricain devenu fermier a ajouté que deux familles vivent de son hectare, alors que certains producteurs dans la région ont du mal à survivre avec 20 hectares.

Les voisins de Montero qui ne se départissent pas de l’agriculture traditionnelle l’observent de près pour surveiller ses succès.

« Quand j’ai planté les arbres fruitiers, ils ont tous attendu de voir ce qui se produirait. Maintenant qu’ils voient les résultats, ils regrettent de ne pas faire ce que j’ai fait. »

Les coordonnateurs de la forêt modèle de Reventazón  et l’Institut costaricain d’électricité (ICE) espèrent que Montero sert d’exemple à ses voisins.

Protéger le bassin versant de la rivière Reventazón était le but de Montero lorsqu’il commençait à travailler la ferme. Il est, en fait, très fier de ses deux biodigesteurs qui transforment chaque jour les effluents porcins en 20 heures d’électricité pour alimenter son pastérisateur de fromage.

Bien que Montero soit considéré désormais comme un modèle et que des touristes et des experts en la matière lui rendent visite pour apprécier ses méthodes, les quatre dernières années n’ont pas été de tout repos, dit-il.

Il indique aussi que les prix que les fermiers biologiques obtiennent ne permettent pas d’assurer la viabilité du marché biologique : ils sont très loin des marchés et les prix ne valent pas le déplacement. D’autre part, les grands distributeurs de produits biologiques paient des prix relativement bas parce qu’ils achètent en gros.

Les éventuels cultivateurs de produits biologiques sont plutôt peu nombreux parce qu’il leur faut trois ans pour commencer à produire du biologique. En attendant, ils n’ont rien pour assurer leur survie. Montero ajoute que les prêts aux petits producteurs sont habituellement réservés aux groupes organisés.

Les produits de Montero sont destinés à un marché à créneaux : il vend à ceux qui connaissent et aiment ses produits et leur origine.

« Quant à nous, nous cultivons d’abord pour nous nourrir » dit-il, « puis nous vendons ce qui reste. Pour cette raison, notre ferme est viable et c’est la chose la plus importante. »

Pour en savoir davantage, veuillez communiquer avec le SRIFM.

[Note du SRIFM : La ferme organique de Montero, ou le finca modelo, est un partenaire de la forêt modèle de Reventazón. Elle est un des arrêts de tous les circuits du RFM.]

© 2019 Réseau international de forêts modèles

Ce site Web a été développé avec le soutien du gouvernement du Canada.