Réconciliation et résilience : Éléments clés pour des paysages durables en Afrique

janvier 06, 2020 | Written BY : IMFN

Plus de 150 experts et représentants de communautés territoriales africaines se sont réunis à Arusha en Tanzanie, lors de la plus récente édition du Dialogue sur les paysages africains « African Landscapes Dialogue (ALD) », qui s’est déroulé du 12 au 15 novembre 2019. Les participants ont reconnu l’importance de la conciliation entre les parties prenantes et la nécessité d’appuyer les économies locales dans leurs différentes démarches, deux éléments communs à l’approche de Forêt Modèle.

Une visite sur le terrain a permis aux participantes et participants de discuter avec les membres des coopératives d’éco-transformation du café, de visiter des jardins de case de type « Chaggah », et d’observer une démonstration de production de Biochar (charbon d’origine végétale produit à base de résidus de biomasse des matières organiques – un bon moyen de suppléer le brûlage).

Le Réseau africain de Forêts Modèles (RAFM) a co-organisé et co-facilité l’événement, suite auquel de nombreuses leçons ont pu être tirées, dont : la nécessité d’avoir une stratégie de développement de l’entreprenariat social vert en appui à la résilience des communautés sur le territoire, l’intérêt d’une approche de conciliation des parties prenantes basée sur les négociations d’intérêts mutuels plutôt que sur des conflits et l’importance de se doter des stratégies et des moyens nécessaires à la mobilisation des flux financiers et des investissements dans les territoires en appui aux dynamiques de l’économie populaire.

« Ces leçons et bien d’autres, issues en grande partie du processus de développement des Forêts Modèles, ont été partagées et font l’objet de consensus avec les autres participantes et participants du Dialogue sur les paysages africains (African Landscapes Dialogue) », rapporte Joachim Nguiebouri, coordonnateur des Forêts Modèles au RAFM.

Une autre conclusion qui s’est dégagée de cette édition de l’ALD est que les efforts de soutien et de financement pour l’aménagement durable des paysages doivent s’éloigner de l’approche projet, afin d’offrir une plus grande flexibilité et de plus longues échéances. Pour se faire, les dynamiques de développement et les instruments utilisés devront s’inscrire dans une approche de gestion intégrée des paysages. Un défi qui interpelle le RAFM : « à cet égard, je pense à la mobilisation des investissements et des financements nécessaires à la mise à échelle des leçons apprises au cours des 15 dernières années, ainsi qu’à la consolidation des partenariats unis autour de l’ALD, afin de constituer un véritable réseau panafricain représentatif de ces territoires dans leur grande diversité, » explique Dr Diaw, directeur du RAFM. « Plusieurs Groupes nationaux et régionaux de discussions thématiques constitués au cours de cette édition de l’ALD ont stimulé l’enracinement de cet élan, parmi ceux-ci, le Groupe Trans-langues, mobilisant la minorité francophone actuelle pour unifier les consistances entre l’Afrique de l’Ouest et du Centre et l’Afrique de l’Est et du Sud, et le Groupe « One Africa » qui travaille dans le même esprit, mais sous l’angle des solidarités économiques et organisationnelles transcontinentales » ajoute-t-il.

Les participantes et participants, originaires d’une vingtaine de pays, ont échangé de façon approfondie sur leurs expériences et leurs modes d’intervention ainsi que sur les connaissances nécessaires afin d’assurer une meilleure gestion des paysages. Le Dialogue s’est tenu sous le thème de rassemblement des leaders des territoires pour un apprentissage entre les pairs et la définition d’un agenda venant de la base en soutien au Plan d’Action des Territoires Africains[1].

Le RAFM a modéré ou co-facilité la revue globale des initiatives africaines sur les paysages ainsi que les débats portant sur la gouvernance des territoires, les méthodes de mise en commun des parties prenantes et la facilitation du dialogue territorial par la gestion des conflits fonciers et la négociation des droits et des intérêts des parties prenantes sur le territoire.

Plusieurs initiatives des Forêts Modèles du Cameroun, de la République démocratique du Congo et du Rwanda et de leurs partenaires ont illustré le leadership des femmes du RAFM dans le développement de modèles économiques verts en appui au développement durable des terres forestières d’Afrique, comme la commercialisation de la moringa et la production durable d’escargots géants.

[1] African Landscapes Action Plan – ALAP, adopté par le NEPAD et l’Union Africaine

© 2019 Réseau international de forêts modèles

Ce site Web a été développé avec le soutien du gouvernement du Canada.