Questions classiques

Qu’est ce qu’une Forêt Modèle ?

Une Forêt Modèle est un lieu géographique et également une approche de gestion durable des forêts (GDF) axée sur le partenariat. Sur le plan géographique, la Forêt Modèle doit comprendre une assise territoriale assez grande pour représenter tous les usages et toutes les valeurs de la forêt—un paysage harmonieux composé de fermes et de forêts, d'aires protégées, de villes et de rivières.
 
Une Forêt Modèle constitue également une approche facultative et axée sur les partenariats aux fins de l’évolution vers l’exercice d’une GDF. Les gens sont au cœur du concept de Forêt Modèle car ils sont indissociables des forêts et qu’ils sont déterminants dans la recherche d’une définition de la durabilité au niveau local où sont enracinées les Forêts Modèles. Le les membres du partenariat représentent toutes les forces environnementales, sociales et économiques qui sont en jeu dans l’assise territoriale en question.
 

Réseau des Forêts Modèles... Ces forêts sont‑elles toutes semblables ?

Le Réseau international des Forêts Modèles est une vaste étude de la diversité. Des Forêts Modèles ont été établies tant dans les régions tropicales et tempérées que dans les zones forestières boréales, sur des terres privées, communales et publiques et dans des zones protégées et des parcs. On trouve des forêts modèles dans des régions de forte et de faible densité de population.
 
Les projets de Forêts Modèles touchent à une grande diversité de questions dont la conservation des espèces menacées ou en voie de disparition, l’agriculture biologique, l’agroforesterie, le développement d’une base économique avec les produits forestiers de cueillette, la sensibilisation transculturelle auprès des collectivités autochtones et non autochtones, la formation à l’environnement de la population active et dans les écoles, l’application de nouvelles techniques comme le SIG, le GPS, la biotechnologie, etc.
 
Les caractéristiques qui démarquent les Forêts Modèles d’autres initiatives de développement forestier semblables sont les suivantes : l'étendue et la souplesse de leur démarche, l'échelle des activités, l'étendue de leurs partenariats, le niveau des politiques sur lesquelles elles veulent influer et l’importance accordée au travail en réseau.
 

Comment se fait la sélection des forêts ?

Le processus d’établissement d’une Forêt Modèle  est souple et il relève du gouvernement du pays concerné. Différents pays adoptent ou ont adopté des processus différents de sélection d’un site. Par exemple, dans la Fédération de Russie, le processus d’élaboration de proposition a débuté par un atelier qui a été suivi par la création d’un groupe de travail composé d’organismes gouvernementaux, d’intervenants de l’industrie et d’autres parties intéressées. Par la suite, ce groupe de travail a sélectionné le site qui se prêtait tout particulièrement à l’établissement d’une Forêt Modèle.
 
Dans chacun des cas, un comité d’experts, composé de spécialistes dans des domaines différents, étudie les propositions et détermine celles qui sont les plus susceptibles de prendre en compte les questions locales dans un contexte plus vaste de gestion durable des forêts. Les propositions d’adhésion au Réseau international sont examinées par le SRIFM ou par l’un des réseaux régionaux qu’il a mis en place.
 

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le Guide d’établissement d’une Forêt Modèle.

 

Quelle est l’origine du Réseau international ?

Au Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro, le premier ministre du Canada s’est engagé à internationaliser le concept des forêts modèles. La quarantaine de Forêts Modèles qui ont été établies ou qui sont en cours de développement partout dans le monde ont pour objet de rendre effectifs les principes forestiers de la CNUED qui ont été convenus à Rio.
 

Comment fonctionnent les forêts modèles ?

Les responsables des Forêts Modèles — établies ou en cours de développement — ont suivi des parcours différents pour mettre en place des structures de prise de décision efficaces. Dans tous les cas, l’élément clé a été la création d’un partenariat étendu, imprégné d’un enthousiasme positif et d’un esprit novateur, qui s’est avéré beaucoup plus puissant que si des groupes divers s’opposent pour atteindre leurs objectifs respectifs.
 
Les Forêts Modèles nous permettent de mieux comprendre pourquoi le partenariat et une approche ascendante sont essentiels à la prise de décision décentralisée et à la pérennité des ressources naturelles. Les groupes locaux doivent jouer un rôle de premier plan dans la détermination des objectifs socio‑économiques, mais ils doivent travailler de concert avec des spécialistes qui les aideront à les réaliser.
 

En quoi ces groupes de partenariat sont‑ils uniques ?

Chacune des Forêts Modèles est gérée dans le cadre d’un partenariat associant souvent des intervenants de milieux divers. Les objectifs visés sont uniques à chacun des sites et tiennent compte des conditions écologiques, socio‑économiques et politiques de la région forestière où est établie la forêt modèle. Les parties intéressées se joignent à un partenariat volontairement. Un des principaux objectifs est de recueillir un consensus vaste et souple concernant l’application du développement durable à la gestion des ressources forestières.
 

Qu’est‑ce qui lie les Forêts Modèles entre elles ?

Les projets de forêts modèles visent un objectif commun, soit d’établir des modèles fonctionnels de foresterie durable et d’enrichir la diversité du réseau avec leurs approches respectives. Ils sont semblables quant à leur portée et leur but. Par l’entremise du réseau international, chaque projet de Forêt Modèle contribue aux travaux dans les autres forêts par le partage des connaissances, des expériences et des techniques. Le réseau international est le lieu d’échange et de coopération en matière de gestion forestière durable tant à l’échelle de chacune des forêts modèles qu’à celle de la communauté internationale.
 

Quelle influence la Forêt Modèle exerce-t-elle sur l'aménagement du territoire ?

Une Forêt Modèle n'est investie d'aucun pouvoir de décision ou de gestion sur son territoire. Elle fonctionne dans les limites des lois en vigueur et des structures du capital social. La Forêt Modèle influe sur l'utilisation des ressources sous trois grands rapports :
  • Étant donné que le partenariat englobe tous les utilisateurs des principales ressources (gouvernement, secteur privé, propriétaires privés et d'autres, par exemple), ceux-ci participent à la définition de la Forêt Modèle, de ses buts et de la structure de ses projets.
  • La Forêt Modèle entreprend des projets, des recherches et d'autres activités sur le territoire en collaboration et moyennant le consentement des principaux détenteurs de tenure. Ces derniers sont par conséquent d'importants bénéficiaires des travaux menés dans la Forêt Modèle.
  • Les activités d'une Forêt Modèle sont pertinentes au niveau de la politique nationale. Ses activités et expériences illustrent les applications de l'AFD dans les limites de la Forêt Modèle et au-delà. On peut juger que son influence est indirecte et à long terme.

 

Quel est le rapport entre les forêts modèles et la certification des produits ligneux ?

Il n'existe pas de rapport direct entre les Forêts Modèles et la certification des produits ligneux, même si une Forêt Modèle peut décider de collaborer avec les exploitants et les producteurs locaux en ce qui concerne les questions de certification.

 

Que fait le Secrétariat du RIFM ?

Le Secrétariat du RIFM a actuellement un effectif restreint au siège du Ressources naturelles canada, Service canadien des forêts, à Ottawa. Coiffé par un directeur, le personnel du SRIFM est responsable de l'exécution des plans de travail annuels et de l'élaboration continue de plans à long terme.

Pour de plus amples renseignements, voir A propos.

 

Le SRIFM fournit-il une aide financière aux Forêts Modèles ?

Le SRIFM n'est pas d’habitude un organisme subventionnaire et il ne fournit aucune aide financière directe aux Forêts Modèles. S'il y est invité, le SRIFM collabore avec les Forêts Modèles pour trouver des fonds afin de financer leurs activités, mais il fait cela à titre d'organisme de soutien et non pas d'organisme directeur. Il est déjà arrivé que le SRIFM tienne lieu d'agent d'exécution à un organisme subventionnaire. Mais, étant donné que le Secrétariat n'a pas un effectif permanent très important, sa capacité d'agir à ce titre est plutôt limitée. Tous les arrangements de ce type sont donc considérés au cas par cas.
 

Combien faut-il compter d'argent pour établir et exploiter une Forêt Modèle ?

Les coûts d'établissement et d'exploitation d'une Forêt Modèle sont éminemment variables. Ils dépendent des infrastructures matérielles, techniques et informatiques d'une région donnée (les conditions de démarrage) ainsi que de l'ampleur des projets de la Forêt Modèle (ses objectifs et buts). Si par exemple, le territoire de la forêt modèle possède une base de données détaillées sur les ressources et la conjoncture socio-économique accessibles aux membres du partenariat, cela autorise des économies de temps et d'argent considérables.
 
Certains coûts sont des coûts ordinaires, comme les coûts administratifs, les frais de participation aux forums ou réunions annuels ou autres du RIFM, les coûts de gestion et d'actualisation de l'information et les coûts des projets à long terme (p. ex. la surveillance des indicateurs de durabilité à long terme).
 
La mobilisation des ressources dans une Forêt Modèle est importante. L’avantage des vastes partenariats n‘est pas seulement de reconnaître le droit des autres de s’efforcer de venir à bout de problèmes difficiles et d’en tenir compte. Les partenariats de Forêts Modèles ont démontré sans l’ombre d’un doute qu’ils apportent également de nouvelles ressources — des idées, des installations, des données, des services professionnels, l’accès à des responsables des politiques et à des dirigeants communautaires et des liquidités — des ressources dont on ne disposait pas auparavant ou qui ne servait pas à relever les défis de la GDF.
 

Quel rôle (le cas échéant) la Forêt Modèle joue-t-elle dans la résolution des conflits sur la gestion des ressources ?

Le programme de Forêts Modèles a débuté au paroxysme d'un débat animé et émotionnel sur l'utilisation des ressources forestières et les questions de durabilité. Les convictions continuent d'être fortes parmi les gestionnaires et il est donc nécessaire de les canaliser pour atteindre des buts précis. Les Forêts Modèles ont eu entre autres retombées intéressantes l'établissement d'un forum tenu en haute estime et d'un processus permettant de régler les conflits relatifs à l'utilisation des ressources, alors qu'il n'existait aucun forum ou processus fonctionnel au préalable. La Forêt Modèle s'est donc révélée un cadre neutre où des antagonistes de toujours peuvent se livrer à un débat constructif.
 

Qu'entend-on par « gestion consensuelle » ?

Pour commencer, la gestion consensuelle ne désigne pas un accord général. Cette expression signifie qu'on est parvenu à une décision que tous les partenaires jugent acceptable (certains peuvent s'abstenir de voter, par exemple, alors que d'autres appuient la décision sans enthousiasme, mais, dans les deux cas, la décision est acceptée). Cela présuppose deux choses : en premier lieu, que tous les partenaires aient accès à des informations complètes et, en deuxième lieu, que la question fasse l'objet d'un débat approfondi avant qu'une décision ne soit prise.
 
La gestion consensuelle ne s'applique pas à toutes les questions des Forêts Modèles. La gestion quotidienne d'une Forêt Modèle en est exclue, par exemple, tout comme les décisions des comités techniques (à moins que le partenariat n'en décide autrement). Le principal forum où l'on recourt à la gestion consensuelle est la réunion de tous les partenaires. C'est à ce niveau que l'on délibère des questions stratégiques, que l'on tente de régler les questions financières d'envergure et que l'on précise les activités opérationnelles. C'est pour ce type de question qu'on a besoin d'un consensus pour assurer le soutien continu du partenariat à mesure qu'évolue le programme.
 

C’est quoi la relation entre les forêts modèles et les conventions internationaux ?

La pertinence des Forêts Modèles relativement aux objectifs des politiques nationales et internationales est remarquable. En fait, les travaux exécutés par les Forêts Modèles sont directement liés à plusieurs ententes et conventions cruciales, comme les suivantes :
  • Les programmes forestiers nationaux (PFN) 
  • Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) 
  • Convention sur la diversité biologique (CDB)
  • Convention sur la lutte contre la désertification (CCD)
  • Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC)
  • Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF) 

 

Quels avantages y a-t-il à participer au RIFM ?

Le fait de participer au RIFM permet d'avoir accès à des talents et des connaissances qui aideront les gestionnaires à formuler et à mettre en oeuvre les politiques à une époque où de nombreux organismes forestiers souffrent d'une pénurie d'effectifs et de fonds.
 
Le Réseau (en dépit de ses risques inhérents et de sa nature expérimentale) est un concept novateur et passionnant qui cadre fort bien avec l'ère de l'informatique. Le fait est que de nombreux gestionnaires des ressources de bien des pays prennent déjà une part active aux éléments clés qui constituent le concept de forêt modèle, à la foresterie participative, à l'aménagement écosystémique et aux réseaux de collaboration.
 
Une importante nouvelle base de connaissances est en cours de constitution dans quantité de pays par le biais des expériences de gens et de lieux qui peuvent et doivent être partagées. À vrai dire, les connaissances pertinentes ne sont plus l'apanage des « experts », mais de tous ceux qui revendiquent des connaissances en vertu du rapport qu'ils entretiennent avec un lieu. Un échange franc et honnête de connaissances sous toutes ses formes et un examen de ces connaissances par tous les intervenants créent les meilleures chances de s'instruire les uns auprès des autres.
 
1) En adhérant au Réseau, les pays, les organismes et les partenaires individuels :
  • Ont la possibilité de jouer un rôle déterminant dans la création du Réseau international de Forêts Modèles et dans la façonnement des fonctions et de la structure de gouvernance du Réseau
  • Favorisent la gérance concertée entre les pays grâce à l'échange de connaissances, d'idées et d'expériences et à l'accès aux sciences et aux technologies
  • Ont accès aux processus sociaux déjà mis au point pour l'établissement d'un consensus dans les Forêts Modèles existantes. De fait, la démonstration d'éléments sociaux (comme l'habilitation à prendre des décisions, le respect des différences culturelles, l'équité et l'échange d'avantages) est la retombée la plus tangible du programme de Forêts Modèles à ce jour. (On a sans doute autant à apprendre de ces processus et rapports de travail que des résultats physiques.)
  • Participent à un processus d'évaluation permanente transparent afin de mesurer l'efficacité des activités du Réseau et l'atteinte des buts et objectifs
2) Les pays participants ont la chance :
  • De jouer un rôle dirigeant dans la promotion des valeurs forestières durables
  • D'être partie prenante à un processus transparent où d'autres peuvent acquérir gratuitement l'expérience du monde réel pour les initiatives de leur forêt modèle
  • Adoptez à titre expérimental les stratégies du Programme forestier national et d’autres conceptions novatrices de la GDF qui seront éventuellement applicables hors du cadre des forêts modèles
  • De contester les méthodes existantes et de modifier les institutions, les politiques et les lois en vigueur
  • D'échanger les leçons apprises
  • De renforcer les capacités communautaires et d'établir un consensus
3) Les organismes donateurs bilatéraux et multilatéraux ont eux aussi la chance de bénéficier du Réseau en raison des principaux éléments qui ont trait au développement durable dans les Forêts Modèles : soulagement de
  • La pauvreté
  • Participation accrue des femmes et des Autochtones
  • Sécurité alimentaire et énergie disponible
  • Santé des écosystèmes et des communautés
  • Renforcement des institutions et des capacités, éducation, formation
  • Aide et échanges technologiques